Thomas et Jeanne

Dessin représentant Jeanne d'Arc

La même année a vu naître Thomas Basin et Jeanne d'Arc. C'était en l'an 1412. Le premier ouvre les yeux à Caudebec-en-Caux, sur les bords de la Seine, la seconde quitte la vie à Rouen auprès du même fleuve après être née à Domrémy, en Lorraine. Pourquoi associer les deux noms? Parce que Thomas a joué un rôle important lors du procès de réhabilitation de la jeune héroïne.

Thomas Basin a d'abord eu à souffrir de l'occupation anglaise et avec sa famille a dû connaître l'exode, de Caudebec jusqu'à Nantes pour fuir l'envahisseur. De retour en Normandie, ses études l'ont successivement conduit à Paris, puis à Louvain et en Italie. Il est devenu prêtre après avoir étudié le droit.

Chanoine de Rouen, il est bientôt invité à enseigner à Caen, dans la toute nouvelle université fondée par le roi d'Angleterre qui occupe la province. De là, notre professeur devient évêque de Lisieux, succédant à...Pierre Cauchon, le principal juge de Jeanne. A Lisieux, Thomas se montre un évêque consciencieux, soucieux de son diocèse. Il sauve la ville du pillage lors de l'arrivée des troupes françaises de Charles VII, en 1447.

Très vite devenu le conseiller du roi de France, Thomas Basin prend la place qui lui revient dans le procès en réhabilitation de Jeanne, tout en demeurant fidèle à son évêché de Lisieux. Il écrira une Histoire de Charles VII et de Louis XI qui fera date.

Avec Louis XI, les choses se gâtent. Thomas Basin soutient des opinions qui déplaisent au nouveau roi: il est partisan d'une certaine autonomie de la Normandie, d'une diminution des charges et des impôts, de la suppression de l'armée de métier en temps de paix, en un mot il s'oppose au roi qui veut unifier son royaume.

Nulle surprise si Thomas Basin termine sa vie, en exil, à Utrecht en 1491, après avoir été dépossédé de son évêché de Lisieux.  Il a sa statue à Caudebec-en-Caux, son pays natal.